Les Auvergnats ont suffisamment porté des caisses de charbon à Paris et en banlieue pour savourer désormais leurs emplacements dans les brasseries parisiennes.
Cette fois, ils auront réussi à faire mieux en s’invitant à la Tour Eiffel afin de présenter l’exposition célébrant le viaduc de Garabit, construit par le dijonnais Gustave Eiffel et sa société, sous la direction de Léon Boyer, ingénieur.
Le problème à résoudre au XIXème siècle était avant tout de franchir les gorges de la Truyère reliant Clermont-Ferrand à Montpellier. Rappelons juste que les références de hauteur des édifices en 1884 se cantonnaient à la bastille (47 mètres) et la cathédrale Notre Dame de Paris ( 70 mètres) et que l’édification de la Tour Eiffel ( 320 mètres) n’a eu lieu que 5 ans plus tard.
Autant dire que le viaduc situé dans le Cantal était une véritable vitrine mondiale pour l’ingénieur Eiffel. A l’époque, seule la société Eiffel est pressentie par l’Etat comme « seule capable de réussir cet ambitieux projet ». Le chantier a employé 400 ouvriers pendant quatre ans et a fait appel à des italiens spécialisés dans la taille de pierre. L’arche monumentale qui présentait une ouverture de 165 mètres restera longtemps la plus grande arche du monde à la fin du XIXème siècle. La ligne de chemin de fer a pu être effective à partir de novembre 1888, après plusieurs mois de tests de résistance à l’ouvrage.
Lors de cette exposition accessible au 1er étage de la Tour Eiffel, toujours dans le top 3 des sites les plus visités de France, on apprend chiffres à l’appui à quel point ce chantier fût gigantesque pour l’époque : le viaduc s’étend sur 564 mètres, comporte 38 tonnes de peinture et 20370 m3 de maçonnerie. En 1959, le barrage de Grandval placera le viaduc à 90 mètres au dessus de l’eau. L’exposition rendant hommage à ce viaduc qui a fêté ses 120 ans durera jusqu’au 5 septembre prochain.
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