Sorti en février dernier, paru chez Editea, ce livre co-écrit par Jacky Isabello, fondateur d’une agence de relation médias et par Thibault Lanxade, PDG d’Aqoba, président de l’association « Positive entreprise », tous les deux 39 ans risque bien de faire parler de lui, comme ce fut le cas du délicieux brûlot « Générations 35 heures », paru en 2006, déjà co-écrit par Thibault Lanxade et Sophie Girardeau, journaliste.
Le constat économique du marché du travail en France est assez bien retracé dans ce livre et colle à la réalité du terrain que connaissent des milliers d’entrepreneurs. Après un rappel un peu théorique de lois économiques inscrites au programme de toute université ou école de commerce, le lecteur entre dans le vif du sujet : le monde de l’entreprise type grands comptes et masse salariale pléthorique qu’ont connu nos parents a profondément changé ces 20 dernières années. Les auteurs, tous les deux chefs d’entreprise décrivent assez justement la fin de l’organisation traditionnelle et bureaucratique en entreprise. Jusque là, depuis ces dix dernières années et la montée en puissance de l’externalisation, du e-commerce, de la dématérialisation de l’information via internet, on est d’accord. Rien de neuf. Là où le constat est criant d’actualité, c’est lorsqu’ils abordent la volonté sans précédent de l’indépendance de la part des travailleurs Français.
« Sécuriser la perte d’emploi aussi pour les travailleurs non-salariés »
Une liberté professionnelle d’entreprendre (cf . les 340 000 auto-entrepreneurs en 2009, en pleine crise économique profonde !) mais aussi d’être à nouveau propriétaire « de sa puissance de travail ». Les auteurs actent la prise de pouvoir des PME sur la grande entreprise et tentent de relativiser l’aspiration de jeunes diplômés de la génération Y à être fonctionnaire (jusqu’à 80% d’une classe d’âge il y a encore quelques années selon des sondages…).La 3ème partie du livre aborde la notion d’indépendance dans le travail de manière assez complète et s’avère sans doute la plus porteuse de solutions d’avenir.
Le chapitre consacré à « libérer l’emploi et sécuriser la perte d’emploi, fluidifier les relations de travail » nous démontre l’impérative nécessité de sécuriser la perte d’emploi aussi pour les non salariés « en instaurant un revenu minimum inconditionnel » afin d’éviter les drames sociaux qui touchent de nombreuses familles en cas de non viabilité de l’entreprise. On est alors très loin du libéralisme sauvage qui a contribué à sinistrer l’économie mondiale avec des lois économiques ne servant que les mêmes prédateurs et spéculateurs, qui eux, s’en sortent toujours...
Ce livre vaut la peine d’être lu par tout entrepreneur ou personne chargée de les conseiller, accompagner, que ce soit dans la sphère privée ou publique pour bien saisir la mutation profonde et sans doute irréversible du monde de l’entreprise.
Il y a de l’humain dans ce livre et sans doute un vrai ras-le-bol poli de la part des auteurs de « l’entreprise de grand papa », comme on nous l’a trop « vendu » sur les bancs de l’école ou dans les années 80. Une page se tourne, et nous avons besoin d’un réel nouveau contrat social.
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« En finir avec la dictature du salariat »(entreprendre, le nouveau management humain) de Jacky Isabello et Thibault Lanxade-paru chez Editea-18 € (dans toutes vos bonnes librairies).234 pages.
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