Le constat est récurrent. Selon une enquête menée entre le 11 et le 22 janvier 2010 par le cabinet d’étude ProTourisme, dirigé par Didier Arino, auprès d’opérateurs, groupements et chaînes touristiques, le bilan hôtelier de l’année de crise 2009 est désormais chiffré.
On assiste à une baisse de 5% des nuitées dans l’hôtellerie Française, ce qui représente un déficit de 9 millions de nuitées réparti sur le territoire Français. Soit un manque à gagner d’1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, toutes gammes d’hôtelleries cumulées.
Parmi les régions les plus touchées, on retiendra la région Midi-Pyrénées (-14% par rapport à 2008), la région PACA (-6,5%) avec 1,3 million de nuitées en moins ; l’île de France accuse le choc avec une baisse de 6% de sa fréquentation annuelle (- 4 millions de nuitées !) avec Paris qui souffre moins que la plupart des capitales européennes (-1,2 million de nuitées tout de même).
Sept régions enregistrent une baisse de fréquentation supérieure à 4% : Midi-Pyrénées, Ile de France, PACA, Rhône-Alpes, Nord-Pas de Calais, Champagne-Ardenne, Bourgogne
Les régions qui perdent entre 2% et 4% de nuitées en 2009 sont la Haute-Normandie, le Centre, la Lorraine, le Languedoc-Roussillon et la Franche-Comté.
Parmi les explications : les Français ont massivement privilégié des destinations économiques et familiales si possible afin d’amortir le choc de la crise pour celles et ceux qui ont choisi de partir en vacances.
Chute de la fréquentation étrangère et fort impact sur l’hôtellerie haut de gamme
La baisse de la fréquentation étrangère s’est fortement ressentie sur tout le territoire, Paris et Côte d’Azur inclus : soit 7,5 millions de nuitées perdues en 2009, ce qui représente une baisse de 11%…L’île de France perd à elle-seule 3 millions de nuitées étrangères et la région PACA, 1 million en 2009.
Pays par pays, cela donne un bon panorama de la chute : -20% de fréquentation pour la clientèle britannique, -15% pour la clientèle espagnole, -10% pour les Italiens et les Allemands, -20 à -30% pour les clientèles est-européennes. Globalement, les clientèles lointaines régressent, hormis celle des Brésiliens, et les clientèles asiatiques et du Proche-Orient qui reviennent en France dès le second semestre.
La perte de chiffre d’affaires global estimé à 1,5 milliard d’euros se répartit majoritairement sur l’hôtellerie haut de gamme : la moitié de cette baisse impacte les quatre étoiles (615% de REVPAR-le revenu par chambre disponible), -500 millions d’euros sur les trois étoiles (chute de 11% du REVPAR).
Selon Didier Arino, « plus une destination est dépendante de la clientèle haut de gamme, de la clientèle de congrès et étrangère, plus son hôtellerie a souffert, à l’instar de la Côte d’Azur. » A l’inverse, les destinations marquées par un tourisme d’agrément et majoritairement à clientèle Française tirent leur épingle du jeu d’une année globalement pénible pour de très nombreux acteurs du tourisme Français.
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