La fin de l’année 2009 arrive. Enfin, diront certains chefs d’entreprises, épuisés par une année hors-norme du fait d’une crise profonde et violente en terme de baisse de marché dans tous les secteurs.
L’association des journalistes de PME a souhaité aborder un sujet délicat concernant les défaillances d’entreprises et les recours possibles existants lors de son dernier petit déjeuner.
Thierry Millon, responsable des études chez Altares a fait un état des lieux des défaillances d’entreprises en 2009 en France. Le niveau est le même qu’en 1992 (« et on s’en est sorti »). En chiffres, « cela représente 56 633 entreprises fragilisées en 09 contre 50 157 en 08. Ce sont les plus jeunes entreprises et les plus anciennes qui souffrent le plus », a résumé M. Millon.
Sans surprise, on apprend que les secteurs qui ont le plus souffert sont l’industrie, l’immobilier, puis le bâtiment, le service aux entreprises, les services aux particuliers ayant été peu impactés, de même que le médical.
Procédure de sauvegarde et gel des dettes
Sur 100 défaillances, 66 deviennent des liquidations judiciaires tandis que 33 sont des redressements judiciaires. Pour Maître Thévenot, président de l’association syndicale professionnelle des administrateurs judiciaires (ASPAJ), « la procédure de sauvegarde datant de 2006 a permis d’atténuer la casse à condition de pas être en cessation de paiement et d’anticiper la procédure. Elle enclenche un gel des dettes et met la société sous la protection de la justice vis à vis de certains créanciers.» Pendant la phase de redressement judiciaire, on recherchera des repreneurs. Il faut parfois penser à faire entrer un nouvel investisseur dans la société, quitte à diluer un peu l’actionnariat. Question de survie. Voire modifier la gouvernance de la société.
Pour Olivier Perroud, expert-comptable et correspondant de l’institut Français des praticiens de procédures collectives (IFPPC), la gestion de crise du chef d’entreprise doit s’axer sur des priorités : « préserver le fonds de roulement (ce qu’on appellera le cash de la société), établir une revue de projets avec rentabilité à court terme, reporter les projets hors sur fort ROI à CT, vite encaisser les créances. Pour cela, le suivi des comptes clients est impératif, quitte à mettre plus de pression sur les mauvais payeurs. Enfin, penser à sécuriser vos relations avec vos tiers. Cela commence par un devoir d’information vis à vis de vos partenaires, y compris votre banquier. Afin de préserver un climat de confiance entre les parties »
De l’avis de ces spécialistes au contact avec des situations de crise, il semblerait que la crise ait permis à de nombreux entrepreneurs de rationaliser leur gestion du risque, en revenant à une gestion serrée, quitte à redéfinir certaines relations avec leurs fournisseurs et leurs clients.
Comme l’annonçaient certains observateurs économiques, les TPE, PME, PMI qui auront résisté à la tempête en ressortiront globalement plus fortes dès les premiers signes de reprise. Espérons qu’ils soient significatifs dès début 2010.
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